Solène, 29 ans — bachata
- Depuis quand danses-tu ?
- Cinq ans. J'ai poussé la porte d'un cours de bachata un peu par hasard, pour accompagner une amie qui ne voulait pas y aller seule. Elle a arrêté au bout de deux mois. Moi, j'y suis encore, et c'est moi qui la traîne en soirée maintenant.
- Qu'est-ce qui t'a accrochée ?
- La lenteur, au début. Après une journée à courir partout, se poser sur une bachata et n'avoir rien d'autre à faire qu'écouter la guitare et son partenaire, c'est une vraie respiration. Et puis la bachata a l'air simple, avec un pas de base que tout le monde attrape en une soirée, mais elle cache des années de travail sur les nuances, le poids du corps, le regard.
- Ton conseil aux débutants ?
- Ne pas apprendre trente figures. Apprendre à marcher en musique, à tenir un cadre souple, à sourire même quand on se trompe. Les figures viennent toutes seules à force de danser avec des gens différents. Et changer de partenaire à chaque morceau pendant les initiations, même si ça gêne un peu : c'est le meilleur accélérateur que je connaisse.
- Ta musique ?
- De la bachata dominicaine bien traditionnelle, avec le requinto qui pleure et la güira qui gratte derrière. Les versions sensuelles trop lisses me lassent vite, sauf en toute fin de soirée, quand les jambes ne suivent plus.
- Où te croise-t-on ?
- Sur les soirées bachata de Matoury et de Rémire-Montjoly, et parfois à une rueda en plein air, où je suis très mauvaise et très heureuse.