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Salsa Guyanel'agenda des danseurs

Portraits de danseurs

À chaque saison, nous posons les mêmes questions à trois personnes croisées sur les pistes de Guyane. Réponses courtes, sans filtre, sans classement. Cette fois : Solène, Ritchie Dagonia et Wilfried.

Solène, 29 ans — bachata

Depuis quand danses-tu ?
Cinq ans. J'ai poussé la porte d'un cours de bachata un peu par hasard, pour accompagner une amie qui ne voulait pas y aller seule. Elle a arrêté au bout de deux mois. Moi, j'y suis encore, et c'est moi qui la traîne en soirée maintenant.
Qu'est-ce qui t'a accrochée ?
La lenteur, au début. Après une journée à courir partout, se poser sur une bachata et n'avoir rien d'autre à faire qu'écouter la guitare et son partenaire, c'est une vraie respiration. Et puis la bachata a l'air simple, avec un pas de base que tout le monde attrape en une soirée, mais elle cache des années de travail sur les nuances, le poids du corps, le regard.
Ton conseil aux débutants ?
Ne pas apprendre trente figures. Apprendre à marcher en musique, à tenir un cadre souple, à sourire même quand on se trompe. Les figures viennent toutes seules à force de danser avec des gens différents. Et changer de partenaire à chaque morceau pendant les initiations, même si ça gêne un peu : c'est le meilleur accélérateur que je connaisse.
Ta musique ?
De la bachata dominicaine bien traditionnelle, avec le requinto qui pleure et la güira qui gratte derrière. Les versions sensuelles trop lisses me lassent vite, sauf en toute fin de soirée, quand les jambes ne suivent plus.
Où te croise-t-on ?
Sur les soirées bachata de Matoury et de Rémire-Montjoly, et parfois à une rueda en plein air, où je suis très mauvaise et très heureuse.

Ritchie Dagonia, 20 ans — salsa cubaine, rueda de casino

Depuis quand danses-tu ?
Depuis un peu plus de deux ans. J'ai commencé par une initiation gratuite en plein air, ici en Guyane, un dimanche où je n'avais rien prévu. Je suis resté pour la rueda qui suivait, sans rien comprendre aux appels, et je suis revenu le dimanche d'après.
Ce que tu aimes dans la salsa cubaine ?
Le cercle. En rueda de casino, tu ne danses pas avec une personne mais avec tout le monde en même temps : un appel, et dix couples changent de partenaire d'un coup. Quand ça tourne rond, c'est une sensation qu'aucune autre danse ne me donne. J'aime aussi que la cubaine soit ronde, terrienne, qu'on puisse la danser sur un sol pas parfait, en plein air, sans se poser de questions.
Un conseil aux débutants ?
Écouter la clave avant de penser aux pieds. Les deux premières semaines, je comptais tout et je ratais tout. Le jour où j'ai arrêté de compter pour me caler sur le rythme, tout s'est débloqué. Et venir aux initiations gratuites de l'agenda : personne ne juge, tout le monde a été débutant un jour.
Ta musique ?
De la timba avant tout, avec des cuivres qui claquent et une rythmique qui accélère sur la fin du morceau. Du son cubain pour les débuts de soirée, quand il faut chauffer la piste doucement.
Où te croise-t-on ?
À peu près à toutes les ruedas en plein air du littoral guyanais, et sur les soirées cubaines de Cayenne et de Kourou. J'ai aussi monté un petit site pour raconter la salsa cubaine en Guyane comme je la vis, avec les appels de rueda expliqués un par un.
Son site

Wilfried, 43 ans — salsa portoricaine

Depuis quand danses-tu ?
Une quinzaine d'années, avec des pauses. J'ai commencé par la cubaine comme presque tout le monde ici, puis j'ai découvert la portoricaine lors d'un stage et je n'ai plus voulu revenir en arrière. Enfin, presque : je fais encore une rueda de temps en temps, pour le plaisir et pour ne pas vexer les copains.
Qu'est-ce qui te plaît dans la portoricaine ?
La précision. Danser en ligne, sur le deux, avec des passes nettes et des jeux de jambes, c'est comme résoudre un casse-tête avec élégance. Il y a aussi la place laissée à la partenaire : les moments de shine, où chacun danse seul face à l'autre, sont ceux que je préfère regarder.
Ton conseil aux débutants ?
Ne pas opposer les styles. En Guyane, les soirées mélangent tout, et le danseur heureux est celui qui sait s'adapter à sa partenaire et à la musique. Commencez par la cubaine si les initiations près de chez vous sont en cubaine, puis allez voir ailleurs quand vous aurez le rythme dans le corps.
Ta musique ?
La salsa dura des années soixante-dix, celle des grands orchestres avec les trombones devant. Sur le deux, ces morceaux respirent naturellement. Je supporte aussi très bien une bonne timba, à condition qu'on me laisse finir mon verre d'eau avant de m'entraîner sur la piste.
Où te croise-t-on ?
Sur les soirées cubaines de Cayenne, où je suis souvent le seul à danser en ligne, et aux stages quand il y en a. Je suis aussi celui qui range les chaises à la fin.

Vous voulez être dans la prochaine série ?

Les portraits sont publiés avec l'accord des personnes, sur la base de cinq questions envoyées par courriel. Pas de photo, pas de nom de famille sauf si vous y tenez. Un mot aux organisateurs en soirée et on vous met sur la liste de la saison prochaine.